L’aulne (en latin : alnus) est un arbre colonisateur qui se plait dans les milieux humides. S’il n’a pas une capacité calorifique extraordinaire et donne beaucoup de cendres, son bois a la particularité de ne pas se décomposer quand il est immergé. Les anciens l’utilisaient pour les pilotis et les soubassements enterrés.

Comme pour le hêtre, appelé fayard, en franco-provençal, dans le pays Voironnais, on l’appelle la verne, en souvenir du nom gaulois verno. On trouve ce toponyme la Verne à Bilieu, les Vernes à Moirans, Saint Geoire, Charavines, les Vergnes à Saint Sulpice, sur les Vergnes à Massieu, le Vernay à Bilieu, Saint Aupre, Merlas, Saint Nicolas, Voissant, la Murette, le Pin, les Vernays à Saint Aupre, au Verney à Montferrat et Merlas, le Verney à Chirens, Montferrat, Tullins, Vernatel à Montferrat, Saint Aupre, Bilieu et Mauvernay à Saint Jean de Moirans. Et, peut-être à cause d’une prononciation mal interprétée par les agents du premier cadastre napoléonien, on trouve la digue du vert et le Vert à Tullins et les Verts à la Buisse.
Bâti sur deux mots grecs (topos = “lieu“ et onoma = “nom“), la toponymie désigne la branche de la Linguistique qui étudie les noms de lieux. Il peut bien sûr sembler bizarre voire inutile de s’intéresser à ces noms qui peuplent notre vie quotidienne et peuvent même parfois sembler d’une grande banalité.
Pourtant les raisons de les étudier sont multiples.
Tout d’abord il est particulièrement frustrant et énervant de savoir que ces noms, souvent peu clairs de nos jours, ont un sens. Ils sont en effet nés avec le besoin bien compréhensible de se situer dans l’espace : en attribuant à un lieu un nom qui le caractérise, tous – habitants ou voyageurs – comprennent de quelle portion d’espace il est question. Un nom propre de lieu a donc toujours un sens pour celui qui le crée et ses contemporains.
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Faverge, la Rivoire, la Piche, la Tivolière, les Fées, les Blanchisseries ...
Vous avez sans doute déià croisé ces mots : ce sont tous des noms de lieux qu'on peut lire sur des cartes ou des panneaux routiers.
Ces noms sont très habiles pour se déguiser ou utiliser des vieux mots aujourd'hui oubliés : alors, bien souvent leur sens nous échappe. De plus il convient de se méfier grandement de ce qu'on pense avoir compris tout d'abord : malgré les apparences, il n'y a pas d'épinard à la Pierre de l'Epinard et pas plus de coq, de perroquet ou de lapin au Rocher du Coq, au Pré du Perroquet ou encore à Lapinière. Il n'y a jamais eu de bataille à les Guerres, ni de stock d'armes à l'Arsenal, ni de suppliciées à les Ecartelées..
Pourtant, tous ces noms méritent notre attention car, quand nous réussissons à les décrypter, nous découvrons une foule de renseignements sur le territoire sur lequel ils sont apparus et qui regroupe actuellement 31 communes.
Ce livre se propose de montrer comment ces noms de lieux permettent de dresser un tableau précis du Pays Voironnais aux temps anciens (mais pas uniquement car beaucoup de ces noms se retrouvent ailleurs en France). De plus, grâce à toutes les informations et explications données au début du livre et au fil du texte, vous pourrez à votre tour apprendre à déjouer les pièges que nous tendent ces noms et avoir la satisfaction de
comprendre les noms de lieux qui vous entourent.